Prévenir le burn-out en détectant les premiers symptômes

25/02/2016
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Le nombre de salariés qui seraient en souffrance dans le monde de l’entreprise, au bord de l’épuisement professionnel (burn-out), ne cesse de croître - si l’on se fie aux études sur le sujet.

Le « burn-out », c’est le terme le plus souvent associé à ce phénomène, toucherait ainsi jusqu’à la moitié des salariés ! Selon une étude publiée par l'institut Think pour Great Place to Work en 2015, 17% des salariés se disent potentiellement en situation de burn-out et 31% avouent être confrontés à ce problème dans leur entourage professionnel… Un problème de fond ou un simple phénomène d’actualité ? L’apparition du terme burn-out remonte à 1970, et met le doigt sur des troubles profonds des salariés, face auxquels l’entreprise peut et doit agir.

Qu’est ce que le burn-out ? Les symptômes concrets

Les travaux au sujet de l’état d’épuisement professionnel ce sont multipliés depuis les années 70. Tantôt décrit comme la phase finale d’un processus d’épuisement dans le cadre de l’entreprise, tantôt comme une réaction de repli face aux exigences et au fardeau du travail, le burn-out se traduirait par un état général de fatigue. Celle-ci survient à tous les niveaux : émotionnelle, physique et psychique. Mais ce n’est pas tout. Cet « état » a des conséquences sur l’implication de l’individu dans le milieu professionnel.

Comment se sent-on réellement en cas de burn-out ?

- Une fatigue chronique s’installe. Le sentiment de fatigue n’est plus épisodique mais bien installé durablement à cause de conditions de travail très exigeantes, d’un manque de ressources et d’appui pour obtenir des objectifs très hauts. Les temps de repos ne sont pas suffisants et on ne « déconnecte » plus. La fatigue prend le dessus.

- Les personnes touchées ont une tendance à devenir cyniques et à se détacher de leur travail. Parce qu’il n’est plus possible de faire face et de tenir bon, un désengagement s’amorce. Moins d’implication, plus de négativité. Une réponse de survie presque, un repli pour se préserver.

- Enfin, dernière conséquence notable, le sentiment d’inefficacité dans le travail se développe. Celui d’accomplissement personnel disparait. Il n’y a plus vraiment de sens à travailler, ni à s’accomplir par le travail.

Comment se manifeste visiblement cet état de burn-out ? Via une hypersensibilité accrue, une humeur globalement négative et triste. Physiquement, cet état d’épuisement a des conséquences directes : des troubles du sommeil en passant par des tensions musculaires jusqu’à des variations fortes de poids… le corps est soumis à ces tensions et est mis à mal. Dans le cadre professionnel, cet état se remarque par une plus grande difficulté à se concentrer et à accomplir plusieurs taches. Les erreurs sont plus facilement commises.

Comment prévenir le risque de burn-out et anticiper les situations à risques ?

Pour les dirigeants d’entreprise et responsables des ressources humaines, il existe des solutions pour anticiper les problèmes liés à l’épuisement au travail. Ce sujet ne doit pas être négligé, même dans une structure de taille modeste, car les sujets touchés peuvent longtemps garder sous silence cette douleur, avant « d’exploser » et de basculer dans un état encore plus grave de dépression. Quels outils utiliser ? Il faut à la fois mener une observation sur le plan collectif, et repérer des signaux faibles, mais aussi mener une exploration des souffrances individuelles.

Au niveau collectif

Mettez en place des indicateurs clés liés au personnel dans l’entreprise. Surveillez notamment l’absentéisme, car des périodes d’absence courtes mais répétées peuvent être le signe précurseur d’une « fragilité ». Quel est le taux de turnover ? Les multiplications des demandes de mutation ou de changement de poste, mais aussi (évidement) les démissions annoncent un climat tendu et le risque de situations d’épuisement professionnel. Il faut tendre l’oreille et ouvrir grand les yeux pour détecter une détérioration de l’ambiance de travail, ou des revendications qui, souvent, indiquent une souffrance. Les accidents du travail, les maladies professionnelles ou encore les TMS et pathologies diagnostiquées sont aussi à noter, car leur multiplication peut être l’annonce de problèmes bien ancrés.

Au niveau individuel

L’observation terrain sera la meilleure arme pour repérer des troubles. Certes, il existe des outils comme le Maslach Burn-out Inventory (MBI) (le voici en ligne), le questionnaire scientifiquement validé le plus utilisé aujourd’hui. Ne vous réfugiez pas derrière un questionnaire et des indicateurs pour diagnostiquer une situation personnelle qui vacille. Il faut communiquer. Le dialogue et l’écoute seront les meilleurs outils. Utilisez notamment les temps de discussion informels, mais aussi les rendez-vous de suivi, les points hebdomadaires…

Pour agir, il faut dépoussiérer son management et trouver des clés pour permettre aux hommes et femmes de l’entreprise de s’épanouir. Plus grande flexibilité des horaires, ouverture au télétravail, bureaux partagés, travail en mode projet. Les techniques de management adaptées à notre époque ne manquent pas. Piochez-y ce qui vous semble bon à votre niveau. L’important est d’aider vos employés à bien marquer la différence entre sphère privée et professionnelle. En effet, en marge du burn-out, un nouveau mot a fait son apparition : le « blurring », tiré du verbe anglais « to blur » (qui signifie effacer). Les frontières entre entreprise et « vie perso » s’estompent. Mais lorsque la machine s’emballe, le chemin qui mène au burn-out commence.

Le burn-out n’est pas une pathologie reconnue comme maladie professionnelle. Difficile sans ce cadre clair d’obtenir des statistiques précises sur le nombre de personnes touchées, et les conséquences pour l’entreprise. Certains se sont toutefois risqués à essayer de quantifier l’impact du burn-out. Ainsi, selon l'estimation du cabinet Technologia, fondée sur les évaluations de l'Institut National de Recherche et de Sécurité (INRS) «l'estimation du coût social du stress professionnel est de 2 à 3 milliards d'euros». Une somme qui n’a rien de négligeable car elle pèse sur les dépenses imputables aux accidents du travail et aux maladies professionnelles de la Sécurité Sociale. Les conséquences sont aussi visibles au niveau de l’entreprise : une productivité réduite, un climat de travail plus négatif, voire des jours d’absence… c’est bien souvent une perte directe sur les performances de la société