Les bons d’achat plus forts que le tabac !

16/06/2016
Femme qui casse une cigarette pour arrêter de fumer

En France, 1 femme sur 5 continue de fumer au cours de sa grossesse, avec les incidences néfastes que l’on connaît sur la croissance du fœtus et la santé du nourrisson.

Ce chiffre - un record européen - inquiète. Rétribuer les femmes enceintes pour les inciter à stopper leur consommation de tabac pendant leur grossesse ; l’idée peut surprendre, voire choquer. Est-ce moral ou non ? La question peut être débattue. Toutefois, les résultats de cette méthode sont bien là. L’enjeu ? Identifier une alternative aux actions de prévention anti-tabac et aux discours moralisateurs habituels qui semblent ne plus avoir les effets escomptés.

Récompenser l’effort au lieu de sermonner la faute 

Depuis avril 2016, 400 femmes enceintes – et fumeuses - réparties dans 16 maternités françaises se sont vues offrir des bons d’achat (vêtements, culture, etc.) pour toute cigarette non « grillée ». Cette méthode vise à engager les futures mères dans une dynamique de plaisir. Une approche positive qui a notamment été testée par les chercheurs des universités de Glasgow et de Stirling : 22,5 % des femmes enceintes ayant reçus des bons d’achat ont renoncé à la cigarette, contre moins de 9 % dans le groupe témoin. Après 1 an, presque 2 femmes sur 10 ayant perçues ces compensations financières étaient toujours abstinentes. La thérapie a également fait ses preuves aux Etats-Unis auprès des futures mères consommatrices de cocaïne.

L’expérimentation en France doit se poursuivre pendant les deux années à venir. Pour le Pr Ivan Berlin, médecin à l’Hôpital Pitié-Salpêtrière, cette méthode offre de sérieux arguments. Sa mise en application pourrait notamment réduire les coûts associés à la prise en charge de bébés prématurés ou de faibles poids dus à la consommation de tabac.